dimanche 28 octobre 2007

De - 30 à - 50%, le MacDonald des langues nippon liquide !


Nova c'est une boîte à langues japonaise. Une grosse boîte à langues qui compte environ 800 antennes dans tous le pays et aussi à l'étranger pour faciliter le recrutement. C'est environ 7 000 employés dont 5 000 professeurs étrangers. C'est aussi la boîte dans laquelle j'ai postulé pour essayer de trouver un travail au Japon. Ils étaient très intéressés, je devais les recontacter en septembre. Je sais que je ne le ferai pas :)
Les problèmes auraient commencé en mars dernier lorsque des professeurs ont été interpelés pour consommation de drogue, cannabis et cocaïne. Au Japon on ne rigole pas avec ça, c'est la tolérance zéro qui prévaut en la matière.
A partir de là les ennuis ne font que commencer. Les plaintes se multiplient,tant en ce qui concerne la qualité des cours (les instructeurs ne sont pas des professionnels de l'enseignement mais seulement des natives avec un niveau licence) que ce qui à trait au fonctionnement de l'entreprise. Il existe en effet un système de points qu'il faut acheter en fonction des cours que l'on souhaite prendre. Basé sur l'enthousiasme des débutants, le système offre un tarif dégressif à mesure que l'on achète des points. Cependant si les élèves souhaitent arrêter leurs cours, la reprise des points se fait à un taux inférieur à l'achat ce qui entraîne une perte énorme pour les étudiants. Une association de consommateurs de la région de Kyoto, "Kyoto Consumer Contract Network", et la préfecture se sont saisies du problème. Les forces de police ont même lancé une perquisition au siège d’Osaka.
Une autre source de protestation, c’est le matériel scolaire inutile que les élèves sont forcés d’acheter. Certains consacrent même plusieurs centaines de milliers de yens à ça. Comme j'ai pu le constater, en plus, le syndrôme afficionados des japonais marche à fond, ils ne font pas les choses à moitié, quitte à tomber dans l'extrême très rapidement.
En septembre les choses se dégradent encore. Nova ne paye plus, ou avec beaucoup de retard, ses employés, la boîte a même du mal, à certains endroits, à payer le loyer de ses locaux. Pour les instructeurs, pareil, Nova ne paye plus le loyer de leurs appartements, certains sont sur le point de se faire éjecter, des parents, à l'étranger portent plainte, tout le monde nage dans le brouahah le plus complet en attente de quelque chose, d'un deus ex machina, d'une belle surprise - en effet, il est plus ou moins question d'une réinjection de fonds de la part des investisseurs - ou d'une fin qui se fait attendre, le dirigeant de la boîte, Sahashi , bien planqué, n'ayant pas le courage de liquider pour banqueroute.
Les mesures annoncées concernent la fermeture de 200 écoles autour de Tokyo et Osaka, qui permettrait une consolidation du groupe qui n'est pourtant déjà plus côté en bourse.
Les employés sont toujours dans l'attente, certains ont déjà démissionné, d'autres ne le feront pas en espérant pouvoir toucher les indemnités de chômage. Leur rêve nippon s'écroule, il leur faudra trouver ailleurs ou, comme beaucoup, repartir dans leur pays.

2 commentaires:

Mochi a dit...

Je n'avais pas pensé au problème sous cet angle, mais c'est vrai que pour pas mal de non-japonais installés là-bas, Nova, c'est leur visa et leurs revenus. Et je vois pas des masses de reconversions possibles pour des gens ayant été pris seulement pour leur langue maternelle...Ca craint pas mal, en fait.

M. a dit...

Bah c'etait biaise depuis le debut. L'origine du nom de la boite est fonde sur cette mauvaise reputation latente. Nova vient du grec Nyvapas qui veut dire taitroconsitiva et de l'Ouzbek Noway! qui veut dire pourquoipasouriresadique. Le tout en deux syllabes pour le rythme et l'accroche.

...

Euh comment je suis tombe si bas? etoo...etoo...