dimanche 2 mai 2010

Monologue

14h13. J'ai finalement rebroussé chemin assez vite. Je pensais rester un long moment sur le trottoir, mais non. Je me suis presque enfuie. Mais tranquillement. D'un pas tranquille on s'entend, sans me presser. Mon esprit, lui, était loin d'être tranquille. J'ai tourné pour descendre le jardin, longer les allées de violettes qui poussent en grand nombre. Tiens, une femme sur ce balcon. Je ne l'ai pas remarquée à l'aller. Tourner encore et franchir la porte de l'immeuble, monter les deux étages, le champ est libre, personne sur le balcon du premier, prendre au passage le courrier, sortir les clés, une deuxième fois et pénétrer dans l'appart.

Home sweet home, plus si sweet, plus si homme.

Le chat se précipite comme d'habitude, me regarde, interrogateur, pour lui aussi il y a quelque chose qui cloche. Je lui réponds, tout va bien. La porte donnant sur le balcon est ouverte, je m'installe dehors, sur la chaise, inconfortable, avec un gros livre. Il ne parvient pas à me captiver, l'histoire se traîne, je ne comprends où l'auteur veut en venir, mon esprit folâtre s'attarde sur tous les détails qui lui passe devant, un couple allongé sur la pelouse, un enfant qui crie … je replonge dans mon livre. Et puis non. Un thé peut-être ? Pour me relaxer. Une fois dans la cuisine, le tas de vaisselle m'appelle, la crasse de la cuisinière aussi. Frénésie. Je nettoie, je range, je brique. 15H30. Je décide de déboucher le lavabo qui ne s'écoule plus depuis au moins trois semaines. Je le bouche encore plus.

15H40. Coup de fil, je respire de nouveau, c'est éphémère.

Mon thé refroidit, je retourne sur le balcon. Mes yeux parcourent les pages mais mon esprit s'emplit d'un vide immense. Déjà 19h. L'heure de préparer à manger. Lave, épluche, coupe les légumes mécaniquement, une soupe fera l'affaire pour ce soir. Il reste de la tarte. 19H42. Je m'installe devant une série, mon bol de soupe entre l'écran et moi. Je m'enfile un deuxième épisode en même temps que la part de tarte. Le chat s'ennuie, il va et vient, monte sur mon bureau, se fait chasser et revient à l'assaut, ça durera toute la soirée. La porte donnant sur le balcon est toujours ouverte, il fait chaud ce soir. Malgré les nuages je crois que j'ai pris des couleurs aujourd'hui. 21h. Je sors avec le chat, j'ai envie de fumer, pour remplir le vide ? Je ne sais pas quoi faire. Je m'assoie sur le balcon, par terre, je joue avec le chat. La frénésie me reprend, je file dans la chambre ranger le linge, je passe par la cuisine et fais la vaisselle. Mes yeux piquent, sans doute le Destop. J'enlève mes lentilles et me démaquille, me brosse les dents, je n'aime ni le goût ni l'odeur que laisse la cigarette sur mon corps.

23h03. J'ai visité cent fois ma page Facebook et ma page mail, je connais toutes les nouvelles à la Une aujourd'hui, j'ai bu 3 thés et consulté tout les blogs que je suis, j'ai repéré 5 paires de chaussures sur Ebay et autant de jobs potentiels pour lesquels je ne postulerai jamais et je n'ai pas sommeil. Pire encore, je redoute le moment où je devrai me glisser dans le lit, vide de sa présence.

Je suis seule et cela ne fait même pas une journée que ça dure.

2 commentaires:

Unknown a dit...

Je pourrais en écrire autant. Malgré toutes les images nouvelles qui s'offrent à moi, je ne parviens pas à sentir la matière des choses. Tout semble vide, de sens et de contenu.

Tu me manques.

Clemus Blogus a dit...

Mais non tu n'Es pas seule ! Tes amis sont là pour toi...