lundi 10 mars 2008

"T'as ta journée, alors fais pas chi** !"

Equité salariale incomplète, violences faites aux femmes, et j'en passe, le portrait n'est pas joli-joli. Mais pourtant de quoi se plaint-on ? Dans un grand élan de mansuétude, et comme on a instauré une journée des secrétaires ou une journée commémorative de l'abolition de l'esclavage, on a osé instauré une "journée de la femme".

Mais attention ! cette journée-là est "internationale" !

La paternité de cette initiative est assez floue si l'on se réfère au site journeedelafemme.com , elle vient plutôt d'une tradition féministe, reprise par la suite par quelques pays mais surtout par les Nations Unies qui ont commencé à observer la Journée internationale de la femme le 8 mars 1975, invitant tous les pays du monde a consacrer une journée pour les droits des femmes. La journée du 8 mars sera officialisée par l'ONU en 1977.

Suivant le site dédié, toujours, les Américains ont tenté de récupéré la paternité de la date suite à une grève féministe d’ouvrières américaines du textile qui se serait tenue à New-York le 8 mars 1857, un mythe selon journeedelafemme.com. Selon notre ami wiki ce serait seulement un clin d'oeil des féministes américaines des années 50, 1857 étant la date de naissance de Clara Zetkin, représentante du Parti socialiste d'Allemagne. Figure historique du féminisme, elle a suggéré une Journée internationale des Femmes en 1910 lors de la conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague. Selon le site de l'ONU, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis le 28 février 1909. S'en est suivi des manifestations féministes épisodiques, le 8 mars jusqu'à la reprise du mouvement symbolique par l'ONU.

C'est le gouvernement socialiste de François Mitterrand qui instaure officiellement la journée de la femme, le 8 mars 1982. Au Québec elle est célébrée à partir de 1971.


Selon l'ONU, toujours, il s'agit de célébrer des femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes. La journée de la femme est donc en fait une journée commémorative du féminisme.

Le féminisme pour les femmes ok mais contre les hommes pourquoi ? Pourquoi, comme nous l'a innocemment suggéré la caissière de chez Rona (oui, oui, on peut aller acheter un marteau le 8 mars, en pleine tempête de neige pour casser une noix de coco ... passons) la manif de 300 personnes qui a déambulé sur Côte-des-neiges en pleine tempête arborait-elle fièrement deux mannequins, suggérant des hommes, pendus ? Mystère ... A moins que ce soit une dénonciation de ce qu'ils font subir aux femmes ou alors une vengeance des préjudices passés ...

Quoi qu'il en soit, je trouve le nom de cette journée bien mal choisi. "Journée de la femme" sonne creux et faux. Pourquoi faudrait-il accorder une seule journée aux femmes alors que, justement, par cette journée on veut contribuer à une égalité des sexes ? Cette journée apparaît plutôt comme compensatoire, pour célébrer un dédommagement de ce qu'on a refusé aux femmes, ou de ce à quoi on n'a même pas réfléchi tellement ça semblait hors propos, depuis tant d'années. Faut-il le prendre comme un regret de la part de nos sociétés patriarcales ? Pas du tout quand on s'aperçoit que c'est une journée du féminisme pour le féminisme et par le féminisme, récupérée par des organisations ou des Etats pour se donner bonne conscience.

Contrairement à mes conclusions de chaque année, je crois que je commence à bien l'aimer cette journée et à lui trouver une forme de légitimité. Là où je ne voyais qu'une sombre tentative de célébrer la femme comme l'on célèbre la mère ou la secrétaire, j'y vois maintenant un symbole que les femmes féministes ont elles-mêmes choisi. L'âge sans doute ...

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