vendredi 9 mai 2008

La Birmanie, ce petit pays d'Europe de l'est ...

Qui se souciait du Tibet, du Myanmar, du Tchad ou de la Colombie avant que les révoltes de Lhassa, Nargis, l'Arche de Zoé ou Ingrid Bétancourt ne nous ouvre les yeux sur ce qui s'y passe ? Seul le sensationnalisme ou la proximité attirent nos attentions blasées.

La faute à qui ? L'actualité ? Un événement en chasse un autre, reléguant au passé des situations pourtant bien présentes. Information ou désinformation ? Avoir eu vent de tout mais ne rien comprendre, voilà le sort qui nous guette. Quelle belle transformation des médias qui nous offrent des chaînes de nouvelles en continue et qui réduisent comme peau de chagrin leurs analyses et leurs commentaires.

C'est aussi la triste loi de la proximitié. Loi que l'on enseigne bien évidemment à tout aspirant journaliste pour qu'il sache mettre de l'ordre dans les nouvelles qui lui sautent au crayon. "Plus un endroit est éloigné de notre public, petit, et plus le nombre de morts doit être important pour capter l'attention de ce public, vois-tu ?" 2 morts sur la Rive-sud sont donc bien plus importants que 2 morts en Afrique. Ben oui, la Rive-sud on connaît bien, tata Germaine y habite et on va la voir pour le café tous les dimanches.

Le Tibet ? Des moines, des montagnes, le Toit du Monde, le Dalaï-lama, prix Nobel de la paix, tout ça, un peu de folklore, ça doit être chouette et tranquille, pourquoi le prix Nobel de la paix déjà ? Ben c'est un moine c'est pas violent ... Par contre quand il s'agit de faire chier les Chinois à trois mois des Jeux Olympiques, tout le monde est de la partie.

La Colombie, le Tchad, même topo. Sans une bande de zozos à grande gueule et une femme moitié française retenue prisonnière dans la jungle, personne n'aurait conscience de ce qui s'y trame. A moins qu'un bon gros cyclone vienne bouleverser tout ça et qu'on découvre qu'un régime militaire arbitraire ne veut pas entendre parler d'aide humanitaire ...

Avoir conscience sans avoir besoin de se sentir concerné, sans qu'une catastrophe soit obligée d'arriver, ça changerait pas mal de choses.

1 commentaire:

Anonyme a dit...

entièrement d'accord avec toi ! nous on nous a appris la formule sous le nom des "morts au kilomètre"... et un autre prof nous a appris que des drames il s'en passe dans de nombreux pays, des dictatures meurtrières aussi, des catastrophes naturelles tout pareil, mais la télévision ne traite que des sujets "tendance"... d'ailleurs, on a jamais vu autant d'attaques de chien que ces derniers mois... à croire qu'auparavant ils étaient doux comme des agneaux...