jeudi 18 décembre 2008

Mon premier Noël

Comme souvent ils sont rentrés chargés. Deux sacs. Deux gros sacs posés dans l'entrée le temps d'enlever leurs bottes dégoulinantes et de remiser au placard leurs manteaux encombrants. Il ne m'en faut pas plus pour faire un premier bilan de leurs emplettes.

Bizarre. Rien ne m'est familier. Ils se sont empressés de tout barricader dans le tiroir de la commode. Tout ? Presque. C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille. Les rouleaux de papiers colorés et brillants, les rubans et autres bobines de bolduc sont venus s'entasser sur la table de la cuisine. Est-ce l'anniversaire de quelqu'un ? Personne ne m'avait encore parlé du petit Jésus ...

"La puce à l'oreille", j'ai dit plus haut ? Je ne pouvais pas imaginer que quelques jours plus tard ils rentreraient à la maison beaucoup plus chargés ... Pas de sacs. Pas de valises. Pas de meuble trouvé dans la rue ... ils sont revenus avec ... un arbre ! Un arbre entier, deux mètres au garrot et qui, à peine passé la porte s'est mis à embaumer l'appartement de son odeur, euh ... spéciale. Je n'avais jamais rien senti de pareil. Il m'a fallu faire vite et être subtil pour scanner olfactivement le nouveau venu puisqu'ils l'ont enfermé dans la salle de bain, attaché dans la baignoire, mon skate park préféré !

Tout s'est corsé, pour moi comme pour eux quand l'idée les a pris de délaisser la baignoire pour installer l'arbre dans le salon. Fiché dans un carton et attaché à une chaise, la bonne blague. Des génies des ponts et chaussées, rien de moins ! Le pauvre diable est bien ficelé et moi, interdiction de trainer autour, quelle injustice.

Les chamboulements ne s'arrêtent pas là. Rappelez-vous les sacs au contenu énigmatique quelques lignes plus haut. Ressortis du tiroir de la commode, ils contiennent des merveilles. Boules multicolores, brillantes, pailletées, rubans, perles, guirlandes, le paradis. Esquissant quelques coups de pattes pour rigoler un peu, ils m'ont laissé faire, trop occupés à harnacher l'arbre.

Je suis ensuite passée à d'autres jeux quand ils ont commencé à emballer des choses avec les papiers cadeaux. J'adore les cadeaux, enfin, leurs emballages. Je peux me glisser dans les sacs, les boites, attraper les rubans et sauter au moindre bruissement du papier.

Mais revenons à l'arbre. Ils ont déposé quelques paquets au pied, la belle aubaine ! Des jouets par milliers pour meubler mes heures perdues. Voyons d'un peu plus près ces boules qui pendent, tirons un peu sur le ruban de ce cadeau, qui, en plus de briller, boucle et rebondit pour un rien. Je saute, je cours, je tire, je donne un coup de patte, je ... "Wikiwik ! Wikiwik !" me hurle-t-on dans les oreilles. Je ne griffe pas le fauteuil, je ne vois pas où ils veulent en venir, peu importe, je froisse, je mordille, je ... me prends un coup d'eau sur la tête.

Je ne comprends toujours pas mais je sais qu'à l'avenir il me faudra jouer de nuit autour de l'arbre du salon.

2 commentaires:

Unknown a dit...

Hahahaha, absolument excellent ! :D Les aventures de Wikiwik valent la peine d'être contées, à n'en point douter ! ^^

Anonyme a dit...

Et le nec plus ultra, m'a-t'on dit c'est, lorsqu'un emballage ayant contenu une bouteille de champagne (rosé de surcroît) est venu du vieux continent, fournit une aire de jeu incomparable à Wikiwik.