dimanche 12 août 2007

Gion matsuri.

Oui l'événement date un peu mais mieux vaut tard que jamais, et puis, comme c'était bien chouette et impressionnant donc ça me donne envie de faire un post dessus.
Donc pour la petite histoire, le Gion matsuri est un festival qui se tient début juillet à Kyoto et qui prend naissance au 9e siècle. En l'an 869, la peste s'était abattue sur le Japon et ravageait la cité de Kyoto. L'empereur Seiwa, qui résidait dans le palais impérial de Kyoto, pour soulager son peuple et éviter les petits désordres qui surviennent immanquablement dans de pareilles circonstances, il envoya des messagers au sanctuaire de Gion (Yasaka) pour apaiser le dieu terrible et imprévisible, Susanô-wo (le mâle impétueux). On raconte en effet qu'un jour, Susanô-wo fut imploré par un pauvre homme que la peste guettait. Pour protéger sa maison de la peste, le dieu lui recommanda d'accrocher une corde de paille tressée en travers de l'entrée. La tradition s'est perpétuée et longtemps on a trouvé des cordes accrochées le long des routes pour arrêter la diffusion des épidémies. Mais revenons en 869. L'empereur fit aussi une offrande à Gozu Tennô, dieu synchrétiste du bouddhisme et du shintoïsme,venant d'un dieu indien de la pestilence, souvent identifié à Susanô. Il est respecté pour son pouvoir à chasser le mal et on lui voue un culte notamment au temple Yasaka jinja à Kyoto. Elle consistait en la plantation de 66 hoko (hallebardes) décorées représentant les 66 provinces du pays. La semaine qui suivit, une procession de palanquins sacrés parcourait la ville pour y répandre la protection des divinités du sanctuaire de Gion. La peste disparut miraculeusement (?).

Le Gion matsuri est la grande fête annuelle du sanctuaire de Yasaka en remerciement de la bienveillance des dieux. Au fil des ans c'est aussi devenu la célébration de la prospérité économique et culturelle de la cité.

Dés le début du mois de juillet il y a tirage au sort de l'ordre des 32 chars dans la procession. 3 garçons sont choisis parmi la communauté à laquelle appartient le char de tête. L'un d'entre eux, le "chigo" sera l'enfant sacré de la parade, symbole de pureté.

Avant le grand défilé (qui n'a rien à voir avec nos chars à papillottes en papier crépon ^^), pendant deux soirs environ, les rues se font piétonnes et c'est alors une ambiance entre la foire du trône et le marché de trifouilli les oies un dimanche matin qui s'installe dans la ville. Des allées de stands offrant monts et merveilles couvrent le bord des rues. Un détail en particulier, l'organisation nippone : un côté de la rue pour la descendre et l'autre pour la monter, les deux sens étant séparés par des plots et des barrières, on ne transige pas avec l'ordre !
Pêche aux "golden fishes", achat de masques de Noh, dégustation de dango, tako, kara-age et autres, tout est possible et c'est génial, l'ambiance festival ça vaut le goût :p


Le 17 c'est la parade, dés 8h du matin les rues sont déjà chargées de badauds, pour certains très prévoyants : sièges pliables et gros objectifs pour ne rien manquer. Une des deux sortes de chars, un char "hoko".


Le maniement des chars demande pas mal de technique. Ils sont montés devant les temples et pour quitter leurs échaffaudages et s'insèrer dans la parade sur shijo-dori, les chars doivent effectuer un tour. C'est très impressionnant de voir les "guides" jouer de la cale pour freiner les énormes roues de bois.

Les "tireurs"...

... et les porteurs de fournitures variées, dont les indispensables parapluies en papier huilé, au cas où la saison des pluies ne serait pas tout à fais terminée.

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